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S. Haber
« Exploitation du travail, appropriation de la nature, crise climatique »

Colloque annuel du séminaire de philosophie politique « Penser la transformation ».


Jeudi 21 avril 2016. 10h00.

Université de Paul-Valéry Montpellier, site Saint Charles.

 

 

Le dérèglement climatique actuellement en cours est riche d'implications du point de vue d'une philosophie de l'histoire. Il nous oblige, par exemple, à revoir les périodisations habituelles de l'histoire du capitalisme en plaçant l'accent sur le rôle de l'énergie (le rôle grandissant du charbon puis du pétrole comme aliments essentiels de l'accélération et de la fuite en avant caractéristiques des formes contemporaines de capitalisme) plutôt que, simplement, sur les rapports sociaux et les modalités politiques de la régulation économique.

Comme phénomène global sanctionnant certains aspects de l'accaparement passé des ressources terrestres en vue de la production agricole et industrielle, il nous incite aussi à revenir sur les liens nombreux qui rattachent l'exploitation du travail et l'appropriation de la nature. Pour rester défendable et continuer à éclairer puissamment le présent, le thème de l'exploitation du travail n'a donc pas à revendiquer une autonomie épistémologique complète ; il peut, au contraire, chercher des confirmations, des appuis et des compléments variés dans l'analyse des manières dont l'environnement s'est trouvé soumis à une volonté de maîtrise qui a souvent viré à la destruction et au pillage.